Michel-Edouard Leclerc abandonne les poursuites engagées par son père pour des faits de collaboration

Communiqué

Suite au décès d’Edouard Leclerc, le 27 septembre dernier, la 17e chambre du TGI de Paris a interrogé son conseil pour savoir si ses héritiers souhaitaient reprendre l’action engagée par leur père contre le journaliste Bertrand Gobin. L’homme d’affaires avait porté plainte en 2010 contre le journaliste indépendant suite à la publication – sur son site www.bertrandgobin.com – de plusieurs articles faisant état de faits de collaboration sous l’Occupation et détaillant les circonstances controversées de l’attribution de sa Légion d’honneur par Nicolas Sarkozy. L’audience de plaidoirie était prévue les 31 janvier et 1er février 2013.
En décidant de ne pas reprendre l’action, le fils du fondateur de l’enseigne renonce de fait à contester les affirmations de Bertrand Gobin. L’enquête journalistique avait dévoilé que c’est grâce à un certificat médical de complaisance qu’Edouard Leclerc avait pu sortir de la prison où il avait été enfermé pour intelligence avec l’ennemi et atteinte à la sûreté extérieure de l’Etat. « Michel-Edouard Leclerc n’entend donc plus poursuivre les informations que j’avais publiées », commente le journaliste.
Cet abandon des poursuites est un soulagement. « Désormais, les médias pourront publier sans risque de se voir trainer devant les tribunaux leurs informations relatives au passé collaborationniste d’Edouard Leclerc », explique-t-il. Il ne peut néanmoins que déplorer cette procédure exceptionnellement longue, et couteuse, et l’atteinte portée à sa réputation du fait de sa mise en examen.
L’arrêt de l’action en cours a une autre conséquence : la Justice n’aura finalement pas à se prononcer sur les circonstances de l’attribution de la Légion d’honneur à Edouard Leclerc. Ce volet de l’affaire avait notamment conduit Bertrand Gobin à faire citer Christine Lagarde, ancienne ministre de l’Economie, Pascal Mailhos, ancien patron des Renseignements généraux et Jean-Pierre Kelche, ex-grand chancelier de l’Ordre de la Légion d’honneur, comme témoins. Plusieurs membres de familles de résistants (dont celle de François Pengam, fusillé en mai 1944) et de déportés ainsi que des représentants d’associations d’anciens combattants s’étaient élevés contre cette décoration, remise en dépit de l’avis négatif rendu par le préfet du préfet du Finistère.
——–
Le Comité remercie tous les signataires de la pétition et toutes les personnes qui ont apporté leur soutien à Bertrand Gobin.

Laisser un commentaire