France 3, lundi 8 avril, 23h40

France 3 diffuse ce lundi 8 avril un film d’Antoine Vitkine consacré à Edouard Leclerc, »l’épicier de la République ». Voici quelques extraits du communiqué de présentation diffusé par la chaîne :
Ce documentaire raconte la face cachée de l’inventeur de la grande distribution moderne, ou plutôt ses faces cachées, tant sa vie est pleine de secrets et de contradictions. Petit épicier qui a bâti un empire à la force du poignet, il fut également soutenu par le pouvoir gaulliste. Ancien séminariste demeuré toute sa vie dans sa ville de Landerneau, il fut aussi un homme de réseaux et de coups médiatiques. Défenseur du pouvoir d’achat au discours chrétien social, il a n’en a pas moins servi sa cause d’une main de fer, n’hésitant pas à recourir à la violence et à l’intimidation. Réformateur du commerce, il a suscité la révolte des commerçants et failli plonger la France dans une guerre civile économique. A la tête d’un empire florissant, il n’a pourtant pas choisi de s’enrichir. Personnage public et populaire, envisageant même de se présenter à l’élection présidentielle, il dissimulait cependant un terrible secret, celui de son comportement sous l’Occupation. Incarcéré à la Libération, accusé d’avoir dénoncé des habitants de Landerneau, il est revenu dans cette même ville, au vu et au su de tous, et y a ouvert une épicerie qui bouleversait l’ordre établi. Icône de la grande distribution, décoré de la Légion d’Honneur par Nicolas Sarkozy au soir de sa vie, il s’est vu confronté à de nouvelles accusations surgies de Landerneau, sa ville qu’il portait comme l’étendard de son aventure commerciale.
Nourri de témoignages inédits et d’archives peu connues, ce film retrace la vie d’Edouard Leclerc, personnage romanesque et troublant. C’est aussi une page de l’histoire de notre pays que l’on parcourt, depuis les formidables mutations des Trente Glorieuses jusqu’aux tabous de la collaboration.

Michel-Edouard Leclerc abandonne les poursuites engagées par son père pour des faits de collaboration

Communiqué

Suite au décès d’Edouard Leclerc, le 27 septembre dernier, la 17e chambre du TGI de Paris a interrogé son conseil pour savoir si ses héritiers souhaitaient reprendre l’action engagée par leur père contre le journaliste Bertrand Gobin. L’homme d’affaires avait porté plainte en 2010 contre le journaliste indépendant suite à la publication – sur son site www.bertrandgobin.com – de plusieurs articles faisant état de faits de collaboration sous l’Occupation et détaillant les circonstances controversées de l’attribution de sa Légion d’honneur par Nicolas Sarkozy. L’audience de plaidoirie était prévue les 31 janvier et 1er février 2013.
En décidant de ne pas reprendre l’action, le fils du fondateur de l’enseigne renonce de fait à contester les affirmations de Bertrand Gobin. L’enquête journalistique avait dévoilé que c’est grâce à un certificat médical de complaisance qu’Edouard Leclerc avait pu sortir de la prison où il avait été enfermé pour intelligence avec l’ennemi et atteinte à la sûreté extérieure de l’Etat. « Michel-Edouard Leclerc n’entend donc plus poursuivre les informations que j’avais publiées », commente le journaliste.
Cet abandon des poursuites est un soulagement. « Désormais, les médias pourront publier sans risque de se voir trainer devant les tribunaux leurs informations relatives au passé collaborationniste d’Edouard Leclerc », explique-t-il. Il ne peut néanmoins que déplorer cette procédure exceptionnellement longue, et couteuse, et l’atteinte portée à sa réputation du fait de sa mise en examen.
L’arrêt de l’action en cours a une autre conséquence : la Justice n’aura finalement pas à se prononcer sur les circonstances de l’attribution de la Légion d’honneur à Edouard Leclerc. Ce volet de l’affaire avait notamment conduit Bertrand Gobin à faire citer Christine Lagarde, ancienne ministre de l’Economie, Pascal Mailhos, ancien patron des Renseignements généraux et Jean-Pierre Kelche, ex-grand chancelier de l’Ordre de la Légion d’honneur, comme témoins. Plusieurs membres de familles de résistants (dont celle de François Pengam, fusillé en mai 1944) et de déportés ainsi que des représentants d’associations d’anciens combattants s’étaient élevés contre cette décoration, remise en dépit de l’avis négatif rendu par le préfet du préfet du Finistère.
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Le Comité remercie tous les signataires de la pétition et toutes les personnes qui ont apporté leur soutien à Bertrand Gobin.

Bertrand Gobin devant le TGI de Paris les 31 janvier et 1er février 2013

Mis en examen pour diffamation suite à la plainte d’Edouard Leclerc, le journaliste Bertrand Gobin sera devant la 17e chambre du TGI de Paris les 31 janvier et 1er février 2013. L’homme d’affaires breton lui reproche d’avoir publié en 2010 des articles mettant en cause son comportement sous l’Occupation, un comportement qui, selon le journaliste, l’avait jusque là privé de Légion d’honneur.
Plus précisément, Edouard Leclerc poursuit plusieurs propos faisant notamment état de l’irresponsabilité pénale dont il a bénéficié à la Libération, alors qu’il était accusé d’atteinte à la sûreté extérieure de l'Etat.
Dans le cadre de la procédure, Bertrand Gobin va notamment faire citer en qualité de témoins :

- Christine Lagarde, dans la mesure où c’est sur le contingent du ministère de l’Economie - dont elle avait alors la charge - qu’a été décoré Edouard Leclerc,

- Pascal Mailhos, ex-préfet du Finistère, ancien patron des renseignements généraux, qui s’était opposé à cette décoration,

- le général Jean-Pierre Kelche, grand chancelier de la Légion d’honneur au moment où le dossier d’Edouard Leclerc a été instruit.

D’après les révélations mises en ligne sur le site bertrandgobin.com, cette décoration controversée avait fait l’objet d’un échange téléphonique houleux entre le préfet du Finistère et Claude Guéant, alors secrétaire général de l’Elysée, qui était passé outre l’avis négatif de Pascal Mailhos.
Le Comité de soutien de Bertrand Gobin, parrainé par Stéphane Hessel, Michel Onfray et Pierre Péan, est parvenu à collecter via une pétition en ligne plus de 1 700 signatures. Cette plainte, comme celles – trop nombreuses – qui visent à détourner de leur travail les journalistes d’investigation, n’a en fait qu’un objectif : discréditer Bertrand Gobin et lui imposer une procédure et des conséquences financières que son statut d’indépendant ne lui permet pas de supporter.

Pour soutenir Bertrand Gobin :

-> Vous pouvez vous associer à l’initiative du Comité de soutien et signer la pétition.

-> Vous pouvez contribuer aux dépenses engagées par Bertrand Gobin pour sa défense en faisant parvenir un don au Comité de soutien.

Non aux pressions politiques pour protéger E. Leclerc

Mis en examen suite à la plainte d’Edouard Leclerc pour diffamation, Bertrand Gobin doit produire devant le juge les pièces qui viennent à l’appui des témoignages et documents historiques qu’il a lui-même collectés. Des documents qui démontrent que la lumière n’avait pas été faite sur le passé d’Edouard Leclerc pendant l’Occupation.

Or le journaliste est confronté dans ses démarches à des refus systématiques d’accès. D’une part aux archives des services régionaux de police judiciaire (direction des crimes de guerre) et de la Cour de justice de Quimper. D’autre part au dossier d’Edouard Leclerc constitué par la Grande Chancellerie de la Légion d’honneur avant son inscription au Journal Officiel du 1er janvier 2009 sur la liste du ministère de l’Economie, contre l’avis du préfet Pascal Mailhos.

Le comité de soutien de Bertrand Gobin ne comprend pas que celui-ci soit privé d’un moyen de défense alors même que l’absence de production de ces documents aura nécessairement des conséquences sur l’appréciation de sa bonne foi. Maître Richard Malka, avocat de Bertrand Gobin, a fait part de son incompréhension dans un courrier adressé le 27 juin à Mr Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture : « la décision de transmettre ou pas les archives sollicitées à Monsieur GOBIN ne peut être que politique dans la mesure où, il reviendra, en dernier lieu, au pouvoir politique d’assumer cette décision. »

Sensibles à la liberté d’informer, nous refusons que soient exercées des pressions politiques pour protéger Edouard Leclerc. Pressions qui, au final, risqueraient de se traduire par la condamnation de Bertrand Gobin.

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Pour soutenir Bertrand Gobin :

-> Vous pouvez vous associer à l’initiative du Comité de soutien et signer la pétition.

-> Vous pouvez contribuer aux dépenses engagées par Bertrand Gobin pour sa défense en faisant parvenir un don au Comité de soutien.

Mobilisation citoyenne contre les poursuites d’E. Leclerc

Au cours de l’année 2010, le journaliste Bertrand Gobin a publié sur son site Internet plusieurs articles au sujet de la Légion d’honneur remise fin 2009 à Edouard Leclerc. Preuves à l’appui, il lève le voile sur le comportement de celui-ci sous l’Occupation, peu compatible avec la distinction que lui a remise N. Sarkozy. Son enquête révèle d’ailleurs que le préfet du Finistère, ancien patron des RG, s’était opposé à cette décoration, mais l’Elysée est passé outre. Jeudi 13 janvier, Envoyé Spécial, l’émission de France 2, a diffusé un reportage sur le sujet.

Bertrand Gobin doit aujourd’hui affronter au pénal une plainte d’Edouard Leclerc pour diffamation. Il a été mis en examen le 7 avril par un juge d’instruction de la 17e chambre du TGI de Paris. Il est le seul journaliste visé par cette plainte. Ni L’Express, ni l’AFP, ni France 3, qui avaient repris ses informations en avril dernier, ne sont poursuivis.

Journaliste depuis plus de 20 ans, professionnel reconnu pour la qualité de son travail d’investigation, président – élu par ses pairs – du Club de la presse de Bretagne, Bertrand Gobin a traité ce sujet avec beaucoup de rigueur. Nous le connaissons et savons qu’il n’a fait que son métier, sans volonté de nuire ni de diffamer, en rapportant simplement les éléments de son enquête, dans le respect des règles déontologiques et avec ce souci particulier de ne rien publier qui n’ait préalablement été vérifié et recoupé

Cette plainte, comme celles – trop nombreuses – qui visent à détourner de leur travail les journalistes d’investigation, n’a en fait qu’un objectif : discréditer Bertrand Gobin et lui imposer une procédure et des conséquences financières que son statut d’indépendant ne lui permet pas de supporter.

Via ce site, nous souhaitons informer le public et recueillir le maximum de signatures et de soutiens. N’hésitez pas à faire circuler.

Le Comité de soutien

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Pour soutenir Bertrand Gobin :

-> Vous pouvez vous associer à l’initiative du Comité de soutien et signer ici la pétition qui demande à Edouard Leclerc de retirer sa plainte.

-> Vous pouvez contribuer aux dépenses engagées par Bertrand Gobin pour sa défenseen faisant parvenir un don au Comité de soutien.